Voyager en Train au Xinjiang : Le guide complet
Imagines-tu traverser le désert de Gobi à 250 km/h en sirotant un thé vert ? Ou t’endormir devant des montagnes enneigées et te réveiller 1000 km plus loin ?
Le Xinjiang est grand comme trois fois la France. Ici, le train n’est pas juste un moyen de transport, c’est une nécessité et une expérience culturelle à part entière. Entre le réseau TGV ultra-moderne qui se développe à vitesse grand V et les mythiques trains de nuit qui traversent les steppes, le rail est l’option reine pour les voyageurs.
Mais attention, prendre le train en Chine (et surtout au Xinjiang) demande un peu de stratégie. Réservation, sécurité, choix des places… Voici tout ce que tu dois savoir pour ne pas rester à quai.
La révolution du TGV : Le « GaoTie » au milieu du désert
Il y a encore 10 ans, aller d’Urumqi à Hami prenait une éternité. Aujourd’hui, la ligne à grande vitesse Lanzhou-Xinjiang a tout changé. C’est une prouesse technologique : le train file sur des viaducs immenses pour éviter les tempêtes de sable.
Pourquoi choisir le TGV (Série D ou G) ?
- La rapidité : Tu relies Urumqi à Turpan en 1h (contre 3h en bus).
- Le confort : C’est propre, climatisé (parfois trop, prends un pull !), et il y a des prises électriques à chaque siège.
- Les lignes principales : Le réseau connecte désormais les grandes oasis : Hami, Turpan, Urumqi, Korla et même bientôt Kashgar (la ligne est en construction/extension progressive).
Pour les trajets de moins de 5 heures, le TGV est imbattable. Les sièges de 2nde classe sont très confortables (équivalent 1ère classe en France). La 1ère classe offre juste plus de place pour les jambes et moins de monde.
L’Aventure du Train de Nuit
Si tu as le temps, oublie le TGV. Le vrai voyage en train au Xinjiang, c’est le train couchette. C’est lent, ça berce, et c’est là que tu rencontreras les locaux : des étudiants ouïghours rentrant chez eux, des familles hans en vacances, des travailleurs kazakhs…
Le choix de ta place dans le train : « Hard Sleeper » ou « Soft Sleeper » ?
Ne te fie pas aux noms (« Dur » vs « Mou »), la différence est surtout une question d’intimité.
La couchette dure (Hard Sleeper – Yingwo) :
- La config : Des compartiments ouverts sur le couloir, avec 3 lits superposés (Bas, Milieu, Haut).
- L’ambiance : C’est bruyant, vivant, ça sent les nouilles instantanées. C’est là que tu te feras des amis.
- Le prix : Très économique.
Prends la couchette du milieu. Celle du bas est squattée par tout le monde en journée pour s’asseoir, celle du haut est trop près du plafond (claustrophobes s’abstenir).
La couchette molle (Soft Sleeper – Ruanwo) :
- La config : Une cabine fermée avec une porte, 4 lits (2 superposés), une literie de meilleure qualité et plus de place pour les bagages.
- L’ambiance : Calme et privée. Idéal si tu voyages en couple ou en famille.
- Le prix : Presque aussi cher que l’avion parfois.
⚠️ À éviter absolument : Le « Hard Seat » (Siège Dur). Sur un trajet de 2h, ça va. Sur un Urumqi-Kashgar de 18h, c’est de la torture. Tu es assis à 90° sur une banquette raide, dans un wagon bondé, enfumé et bruyant.

Comment acheter ses billets de train en Chine ?
Oublie les guichets de gare si tu ne parles pas mandarin. Les billets partent très vite, parfois dès l’ouverture des ventes (14 jours avant le départ).
Les deux options fiables :
- Trip.com (L’option facile) : C’est l’application n°1 pour les étrangers. L’interface est en français, tu payes avec ta carte bancaire internationale. Ils prennent une petite commission (2-3€), mais ça vaut largement la tranquillité d’esprit.
- L’appli officielle 12306 : Disponible en anglais maintenant, mais l’inscription et la validation du passeport peuvent être buggées. À tenter si tu es geek, sinon reste sur Trip.com.
Important : Il n’y a plus de billets papier. Tout est lié à ton passeport. Tu scannes ton passeport aux portiques pour entrer.
La Sécurité : La spécificité du Xinjiang
C’est le point qui surprend les touristes. Prendre le train à Urumqi ou Kashgar, c’est comme prendre l’avion à New York.
- Arrive tôt : Compte 1h30 à 2h d’avance avant le départ.
- Les contrôles multiples : Tu auras un premier contrôle à 500m de la gare (vérification ticket + passeport), un deuxième à l’entrée du bâtiment (rayons X + fouille au corps), et parfois un troisième avant d’accéder à la salle d’attente.
- Objets interdits : La liste est longue et stricte.
- 🚫 Couteaux : Même ton petit couteau suisse ou couteau à fruits sera confisqué.
- 🚫 Aérosols : Déodorants spray, laque > 100ml sont interdits.
- 🚫 Outils : Tournevis, ciseaux pointus…
Si tu achètes un beau couteau artisanal à Yengisar, ne le prends pas dans le train. Fais-le toi expédier par la poste depuis la boutique, c’est la seule solution.
👉 À lire également : Sécurité au Xinjiang
Les lignes de train mythiques à tester au Xinjiang
Si tu dois choisir deux trajets pour ton itinéraire :
- Urumqi ➔ Turpan (TGV) : Une traversée express des champs d’éoliennes les plus grands d’Asie. Le contraste entre les montagnes enneigées du Bogda Shan et le désert aride de Turpan est saisissant.
- Durée : 1h.
- Urumqi ➔ Kashgar (Train de nuit K9786 ou similaire) : La traversée du désert du Taklamakan par le nord. Tu verras le paysage changer radicalement, passant de la ville moderne aux oasis poussiéreuses. Le lever de soleil sur les plaines avant d’arriver à Kashgar est magique.
- Durée : 15h à 18h.
Il existe également d’autres lignes de trains mythiques en Chine, notamment la ligne Qinghai-Tibet.
Les murs anti-tempête sur certaines lignes de train au Xinjiang
Si tu regardes par la fenêtre sur la ligne TGV vers Turpan, tu verras d’immenses murs en béton le long des voies, parfois sur des kilomètres. Ce ne sont pas des murs antibruit, mais des barrières anti-vent. Dans cette zone (le couloir de vent de Dabancheng), les rafales sont si violentes qu’elles ont déjà renversé des trains par le passé ! Ces murs sont conçus pour casser les bourrasques et permettre au TGV de rouler à 200 km/h en toute sécurité.
Mon anecdote perso : Le festin de la couchette du bas
Lors de mon trajet de nuit vers Kuqa, j’étais en « Hard Sleeper » (couchette du milieu). En bas, il y avait une famille ouïghoure qui installait un véritable banquet sur la petite tablette : pain naan géant, raisins secs, noix, poulet froid et tomates. Voyant que je les regardais (avec envie, je l’avoue), la grand-mère m’a fait signe de descendre.
Malgré la barrière de la langue, j’ai fini par partager leur repas et jouer aux cartes avec le fils pendant 3 heures. J’avais juste des biscuits secs à offrir en retour, ils ont rigolé mais ont apprécié le geste. C’est ça le train en Chine : la nourriture est le meilleur langage social. N’embarque jamais sans provisions à partager !
👉 À lire également : Budget pour voyager au Xinjiang & Quand partir au Xinjiang ?
En Résumé
- TGV : Pour gagner du temps entre les grandes villes du Nord et de l’Est.
- Train de nuit : Pour l’expérience culturelle et économiser une nuit d’hôtel.
- Billets : Réserve 15 jours avant sur Trip.com.
- Sécurité : Pas de couteau, arrive 2h avant.
Prendre le train au Xinjiang, c’est accepter de rvoyager plus lentement pour se mettre au rythme de la Route de la Soie. Bon voyage !
Et si tu préféres te déplacer par tes propres moyens, je te conseille notre article sur : Louer une voiture au Xinjiang !
FAQ : Le Train au Xinjiang
Faut-il imprimer ses billets de train ?
Y a-t-il à manger dans les trains ?
Les annonces sont-elles en anglais ?
Puis-je charger mon téléphone dans le train ?
Train de nuit (Soft Sleeper) : Oui, il y a une prise dans la cabine.
Train de nuit (Hard Sleeper) : C’est compliqué. Il y a quelques prises dans le couloir pour tout le wagon. Premier arrivé, premier servi ! Prenez impérativement une batterie externe (Powerbank) de grosse capacité.







