Symbole absolu de la Chine, la Grande Muraille (长城, Chángchéng) n’est pas un mur unique, mais un immense réseau de fortifications construites et reconstruites pendant plus de deux millénaires. Mises bout à bout, ses sections totalisent plus de 21 000 kilomètres, des rivages de la mer de Bohai aux déserts du Gansu.
Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987, elle se visite très facilement depuis Pékin, à une ou deux heures de route. Dans ce guide, tu trouveras son histoire, ce qui la compose vraiment, et surtout les réponses aux questions pratiques : quelle section choisir, comment y aller et comment éviter la foule.
📍 La Grande Muraille de Chine en bref
- Longueur
- 21 196 km selon le relevé officiel de 2012, toutes époques confondues
- Sections depuis Pékin
- Mutianyu (conseillée), Badaling, Jinshanling, Simatai, Juyongguan
- Distance
- De 60 km (Badaling) à 150 km (Jinshanling) du centre de Pékin
- Tarif Mutianyu
- 40 RMB, + 140 RMB le téléphérique aller-retour
- Tarif Badaling
- 40 RMB (35 RMB de novembre à mars)
- Réservation
- Conseillée en ligne avec ton passeport, obligatoire à Badaling
- Durée conseillée
- Une journée complète avec le trajet




Histoire de la Grande Muraille de Chine
1. Origines et premières constructions (VIIe – IVe siècle av. J.-C.)
Bien avant l’unification de la Chine sous la dynastie Qin, plusieurs royaumes indépendants se disputaient le territoire. Pour se protéger des invasions ennemies, ces États commencèrent à ériger des fortifications au niveau local dès le VIIe siècle av. J.-C. Ces premières murailles, bâties principalement en terre compactée et en bois, n’étaient pas reliées entre elles mais servaient à défendre des régions stratégiques.
Les royaumes du Yan, Zhao et Qin firent partie des premiers à édifier ces structures défensives. Leur but principal visait à bloquer les incursions des peuples nomades venus du nord, tels que les Xiongnu, ancêtres présumés des Huns.
2. Unification sous la dynastie Qin (221-206 av. J.-C.)
L’histoire de la Grande Muraille prit une tournure décisive sous le règne de Qin Shi Huang, premier empereur de Chine. Après avoir unifié le pays en 221 av. J.-C., il ordonna la connexion des différentes murailles existantes afin de former une barrière continue.
- Les ouvriers recrutés pour cette tâche étaient des soldats, des paysans et des prisonniers.
- Le travail s’effectuait dans des conditions extrêmement difficiles, causant de nombreuses pertes humaines.
- La construction reposait essentiellement sur l’utilisation de terre battue, car le transport de matériaux lourds sur des terrains montagneux était très compliqué à l’époque.
Cette première version de la Muraille ne ressemblait en rien à l’ouvrage en pierre visible aujourd’hui.
3. Améliorations sous la dynastie Han (206 av. J.-C. – 220 apr. J.-C.)
Sous la dynastie Han, la Muraille continua d’évoluer afin de protéger la Route de la Soie, voie commerciale reliant la Chine à l’Occident.
- Son extension vers l’ouest permit de sécuriser les échanges contre les pillards et les raids nomades.
- Des tours de guet furent intégrées pour faciliter la surveillance et la communication.
- Des signaux de fumée et de feu étaient utilisés pour transmettre rapidement des alertes en cas d’attaque.
Malgré ces améliorations, la Muraille restait vulnérable et nécessitait une surveillance constante.
4. Transformations sous les dynasties du Nord et du Sud (IVe – VIe siècle)
Durant cette période de divisions politiques, plusieurs royaumes successifs renforcèrent la Muraille pour se protéger des invasions. La construction de nouvelles sections et l’amélioration des anciennes permirent d’adapter l’ouvrage aux nouvelles techniques de guerre.
5. L’apogée sous la dynastie Ming (1368-1644)
La version la plus connue et la mieux conservée de la Grande Muraille remonte à la dynastie Ming. Après la reconquête de la Chine et l’expulsion des Mongols, les empereurs Ming décidèrent de fortifier la frontière nord.
- Matériaux solides : briques, pierres taillées et mortier remplaçant la terre battue.
- Éléments militaires : bastions, forts, arsenaux et tours de guet espacées tous les 200 à 500 mètres.
- Longueur totale : environ 6 000 km, avec des extensions vers des zones montagneuses.
Sous les Ming, la Muraille devint un véritable chef-d’œuvre militaire. Cependant, en 1644, l’invasion des Mandchous par la Passe de Shanhaiguan marqua la fin de la dynastie, prouvant que la Muraille, malgré sa solidité, ne pouvait contenir une armée déterminée.
6. Déclin et préservation à l’époque moderne
Après la prise de pouvoir par les Qing (1644-1912), la Muraille perdit son rôle défensif, car l’Empire s’étendit bien au-delà de ses frontières initiales. Avec le temps, certaines sections tombèrent en ruine, et les habitants réutilisèrent les briques pour leurs propres constructions.
Ce n’est qu’au XXe siècle que des efforts de préservation furent mis en place. Dans les années 1980, la Chine entreprit la restauration des sections les plus touristiques, comme Badaling et Mutianyu.
En 1987, l’UNESCO classa la Grande Muraille au patrimoine mondial, reconnaissant son importance culturelle et historique exceptionnelle.

Longueur et structure de la Grande Muraille de Chine
La Grande Muraille de Chine est souvent perçue comme un unique mur linéaire, mais en réalité, elle se compose de multiples sections construites à différentes périodes et sur divers tracés. Selon les mesures officielles publiées par l’Administration nationale du patrimoine culturel chinois, la longueur totale de la Muraille atteint environ 21 196 kilomètres. Ce vaste réseau de fortifications traverse 15 provinces, municipalités et régions autonomes. Certaines sections sont bien conservées, comme Badaling, tandis que d’autres sont laissées à l’abandon ou détruites par l’érosion naturelle et l’activité humaine.
Matériaux et techniques de construction
Les matériaux employés pour bâtir la Muraille dépendaient des ressources disponibles sur place. Plusieurs techniques furent utilisées pour l’adapter aux conditions climatiques et aux terrains variés qu’elle traverse.
- Régions montagneuses (Pékin, Hebei) : utilisation de blocs de pierre taillée et de briques.
- Régions désertiques (Gansu, Ningxia) : construction en terre compactée et en bois en raison du manque de pierre.
- Plaines et collines : alternance de briques, pierres et terre battue.
Éléments architecturaux
La Grande Muraille ne se limite pas à un simple mur. Elle comprend plusieurs structures stratégiques destinées à optimiser la défense de l’Empire.
- Le Mur principal : formé d’un rempart épais allant de 6 à 8 mètres de hauteur et d’une largeur variant de 5 à 7 mètres. Son sommet permettait le passage des soldats et de leurs chevaux.
- Les Tours de guet : espacées tous les 200 à 500 mètres, elles servaient de points d’observation et de communication.
- Les Forteresses et Garnisons : bastions militaires placés à des points stratégiques pour stocker des vivres et héberger les troupes.
- Les Passes fortifiées : des portes monumentales situées aux intersections clés, comme Shanhaiguan à l’est et Jiayuguan à l’ouest.
Un système avancé de signalisation par fumée et feux permettait d’alerter rapidement les garnisons d’une attaque imminente.
Adaptation au relief et aux conditions naturelles
La Muraille serpente à travers divers paysages :
- Dans les montagnes escarpées du nord de la Chine, elle suit les crêtes pour compliquer l’accès aux envahisseurs.
- Dans les déserts du Gansu et de Ningxia, des sections en terre battue se fondent dans l’environnement.
- Aux abords des plaines du Hebei et du Henan, elle est doublée de douves et de remparts annexes pour ralentir les assaillants.
Ces caractéristiques font de la Grande Muraille un exploit d’ingénierie adapté aux réalités géographiques et militaires de son époque.

Quelle section de la Grande Muraille choisir depuis Pékin ?
C’est la vraie question à te poser, car l’expérience change du tout au tout selon la section. Autour de Pékin, plusieurs tronçons sont ouverts au public, du plus touristique au plus sauvage.
Mutianyu, le meilleur choix pour une première visite
À environ 70 kilomètres au nord-est de Pékin, Mutianyu est restaurée, entourée de collines boisées et ponctuée de 23 tours de guet rapprochées. Elle est bien moins bondée que Badaling. Un téléphérique t’amène directement sur la muraille, et tu peux redescendre en luge sur rail, une attraction très appréciée des familles. C’est la section que je recommande à la grande majorité des voyageurs.
Badaling, la plus accessible mais la plus fréquentée
Située à 60 kilomètres au nord-ouest, Badaling est la première section ouverte aux touristes, en 1957, et celle que visitent les chefs d’État. Elle est facile d’accès en train, mais aussi très aménagée et prise d’assaut le week-end et pendant les vacances chinoises. À éviter si tu cherches le calme, mais pratique si tu as très peu de temps.
Jinshanling, pour les randonneurs
À environ 150 kilomètres, Jinshanling offre l’un des plus beaux paysages de la Muraille, avec des portions restaurées et d’autres laissées dans leur état d’origine. La randonnée le long des crêtes prend plusieurs heures et demande une bonne condition physique. C’est le spot préféré des photographes au lever du soleil.
Simatai, la Muraille de nuit
À proximité de Jinshanling, Simatai est la seule section ouverte en soirée, avec un éclairage nocturne. On y accède par le village touristique de Gubei, reconstitution d’une ville d’eau traditionnelle. Le nombre de visiteurs y est limité : réservation conseillée.
Juyongguan et les sections sauvages
Juyongguan, sur la route de Badaling, est une passe fortifiée très raide, rapide d’accès et moins fréquentée. Quant aux sections sauvages comme Jiankou, elles sont magnifiques mais dangereuses et officiellement fermées : ne t’y aventure qu’avec un guide expérimenté.
Comment aller à la Grande Muraille depuis Pékin
Pour Badaling, le plus simple est le train : des trains rapides partent de la gare de Qinghe et de la gare de Pékin Nord, et déposent à la gare de Badaling, directement sous la muraille, en moins d’une heure.
Pour Mutianyu, il n’y a pas de train. Tu as trois options : un bus touristique direct au départ de Dongzhimen, le plus économique ; une excursion organisée incluant transport et billets ; ou un VTC (Didi) ou une voiture avec chauffeur, à partager, pour environ 1h30 de route.
Pour Jinshanling et Simatai, compte 2h30 à 3h de route : une excursion organisée ou une voiture privée est quasi indispensable.
Envie de sortir des sentiers battus ? On a aussi écrit un article sur la Muraille en road trip, sur plusieurs sections loin de Pékin.
Mes conseils pour ta journée sur la Muraille
- Pars tôt : arrive à l’ouverture pour avoir la muraille presque pour toi, surtout à Badaling.
- Évite les week-ends, les vacances d’été et la première semaine d’octobre.
- Mets de vraies chaussures de marche : les marches sont inégales et parfois très raides.
- Emporte de l’eau et un en-cas, les boutiques sont rares une fois sur la muraille.
- En hiver, couvre-toi bien : le vent est glacial sur les crêtes, mais la muraille sous la neige est sublime.
- Garde ton passeport sur toi, il sert de billet si tu as réservé en ligne.
FAQ : La Grande Muraille de Chine
Quelle section de la Grande Muraille visiter depuis Pékin ?
Quelle est la longueur de la Grande Muraille de Chine ?
Combien coûte la visite de la Grande Muraille à Mutianyu ?
Comment aller à la Grande Muraille depuis Pékin ?
Peut-on voir la Grande Muraille depuis l’espace ?
Les autres monuments incontournables à Pékin
La Grande Muraille fait partie de notre guide complet de Pékin. Pour construire le reste de ton séjour, consulte aussi notre sélection que faire à Pékin, ainsi que notre itinéraire pour visiter Pékin en 2 jours, qui consacre une journée entière à la Muraille.









