Tout ce qu’il faut savoir pour voyager en Chine avec un bébé
Dernière modification le 23/12/2025
C’est un défi que beaucoup de parents n’osent pas relever. Quand j’ai annoncé à mon entourage que nous partions en Chine avec notre bébé de 10 mois, les réactions ont oscillé entre l’effroi (« Mais la pollution ?! ») et l’incompréhension (« Il ne se souviendra de rien ! »). Et pourtant, spoiler alerte : c’était l’un de nos meilleurs voyages.
Voyager en Chine avec un bébé demande de l’organisation et une bonne dose de lâcher-prise, mais c’est une expérience humaine incroyable. Le bébé devient un véritable passeport diplomatique qui brise la glace instantanément.
Mais je ne vais pas vous mentir : il y a des obstacles. Voici mon guide de survie, basé sur mon vécu, pour transformer ce défi logistique en super voyage.
Le choc culturel : Votre bébé est une superstar
C’est la première chose que vous devez savoir, et personne ne vous y prépare assez. En Chine, les enfants sont rois, et les bébés occidentaux sont des créatures fascinantes.
Dès votre arrivée, vous allez être arrêtés. Tout le temps. Des grands-mères vont se pencher sur la poussette, des passants vont prendre des photos (parfois sans demander), et on va essayer de toucher les joues ou les mains de votre enfant.
Au début, c’est amusant. Au bout de trois jours, ça peut devenir oppressant. J’ai appris à dire « Bu yao » (Non, je ne veux pas) avec un sourire ferme quand mon bébé dormait ou était grognon. Cependant, profitez-en : dans les restaurants, les serveuses étaient ravies de porter mon fils pendant 10 minutes pour que je puisse manger mes nouilles chaudes. C’est un service de baby-sitting gratuit et bienveillant !
Les couches et l’hygiène
Oubliez le mythe selon lequel on ne trouve pas de couches en Chine. Vous trouverez des marques internationales (Pampers, Huggies, Merries) dans tous les supermarchés des grandes villes.
Le vrai problème, c’est où le changer. Les tables à langer sont une espèce rare, même dans les centres commerciaux modernes. J’ai dû changer mon fils sur des banquettes de restaurant, sur mes genoux dans le métro, et même sur une valise en pleine rue.
Emportez impérativement un tapis à langer de voyage épais et imperméable. C’est votre bouclier contre l’hygiène douteuse de certaines surfaces. Prévoyez aussi des sacs à couches parfumés (type sacs à crottes de chien), car vous devrez souvent garder la couche sale avec vous jusqu’à trouver une poubelle.
Ah, et vous verrez beaucoup de bébés locaux avec des pantalons fendus à l’entrejambe (Kaidangku) qui font leurs besoins directement dans la rue. Ne soyez pas choqués, c’est culturel (et écologique).

Manger et boire
C’était ma plus grande peur. Voici comment gérer :
- L’eau : Règle d’or absolue. Jamais d’eau du robinet, même bouillie si vous pouvez l’éviter pour le bébé. Utilisez uniquement de l’eau en bouteille (la marque Nongfu Spring avec le bouchon rouge est partout et très sûre) pour préparer les biberons.
- Le lait en poudre : Après le scandale du lait frelaté il y a quelques années, les parents chinois aisés n’achètent que du lait importé. Vous en trouverez, mais il coûte une fortune et vous ne serez jamais sûrs à 100% de la provenance. Faites de la place dans la valise et emportez votre stock pour toute la durée du séjour. C’est lourd à l’aller, mais ça laisse de la place pour les souvenirs au retour !
- L’allaitement : C’est tout à fait accepté. Les Chinoises sont pudiques, donc utilisez un tablier d’allaitement ou une écharpe légère. Personne ne vous fera de remarque, au contraire.
- Les petits pots : On trouve peu de purées salées industrielles comme chez nous. Par contre, les restaurants se feront un plaisir de vous servir un bol de riz nature ou de légumes vapeur non salés. Le « Congee » (bouillie de riz) est le petit-déjeuner parfait pour les bébés.
Poussette ou porte-bébé ? Le duel
Les deux peuvent être utiles. La Chine est un pays de contrastes urbains. Les trottoirs sont larges et modernes à Shanghai (parfait pour la poussette), mais inexistants ou encombrés à Pékin.
La Poussette (Yoyo ou canne) : Indispensable pour les siestes au restaurant et pour soulager votre dos. Mais attention : il y a des marches partout, même pour entrer dans les boutiques. Préparez-vous à la porter souvent.
Le Porte-Bébé : C’est votre arme secrète. Pour la Grande Muraille, les temples avec 400 marches ou la foule dense des marchés de nuit, la poussette est un enfer. Avec le porte-bébé, vous passez partout et bébé est en sécurité contre vous, à l’abri des mains baladeuses.
Sur place, une poussette canne de dépannage coûte environ 20€ à 40€ (150-300 RMB) et un porte-bébé local environ 15€ à 30€.
💡 Le conseil d’expert : Si tu veux du bon matériel sur place, vise la marque chinoise « gb » (Goodbaby) qui offre un super rapport qualité/prix (env. 80€). Par contre, n’achète jamais de marques importées (type Babyzen Yoyo ou Ergobaby) là-bas : avec les taxes, elles coûtent 30% à 50% plus cher qu’en France !
Transports : Le défi de la sécurité routière
C’est le point noir. En Chine, les sièges auto dans les taxis ou les VTC (DiDi) n’existent pas. Zéro. Nada. Si vous prenez un taxi, vous aurez bébé sur les genoux. C’est angoissant pour nous, Occidentaux obsédés par la sécurité.
Comment j’ai géré : Pour les trajets courts en ville, je gardais bébé dans le porte-bébé ventral, bien serré contre moi, et je m’attachais avec la ceinture sous ses fesses (ne pas passer la ceinture sur le bébé, en cas de choc, vous l’écraseriez).
Pour les longs trajets entre villes, privilégiez toujours le Train à Grande Vitesse (TGV). C’est propre, sûr, on peut marcher dans les allées, et il y a de l’eau chaude gratuite pour les biberons dans chaque wagon.
Santé et bobos : Soyez votre propre pharmacie
Ne comptez pas trouver ce qu’il vous faut sur place. La barrière de la langue dans une pharmacie chinoise est infranchissable pour des médicaments pédiatriques, et la médecine traditionnelle chinoise n’est pas adaptée à nos habitudes.
Partez avec une trousse ultra-complète : Doliprane, sérum phy (introuvable là-bas !), solutions de réhydratation (en cas de tourista), thermomètre, crème pour les fesses et antibiotique à large spectre prescrit par votre pédiatre « au cas où ».
Le point pollution en Chine : Vérifiez l’appli AQI chaque matin. Si l’air est violet ou rouge foncé, on privilégie les musées ou les centres commerciaux intérieurs. J’avais acheté des petits masques, mais soyons honnêtes : aucun bébé ne les garde plus de 10 secondes.
Le logement
Dans les hôtels 4 ou 5 étoiles internationaux, vous aurez un lit bébé impeccable. Dans les « Guesthouses » traditionnelles ou les petits hôtels, c’est plus aléatoire. Parfois, le « lit bébé » est juste un parc de jeu sans matelas.
Nous avons pratiqué le co-dodo pendant tout le voyage. Les lits chinois sont souvent immenses (King Size) et assez fermes. Sinon, si vous êtes courageux, emportez une tente pop-up type « Peuni » ou « Deryan » qui sert de lit d’appoint sécurisé.
FAQ : Voyager avec un bébé en Chine
Le bébé a-t-il besoin d’un visa pour la Chine ?
L’astuce photo : Faire une photo d’identité conforme pour un bébé est un calvaire (yeux ouverts, bouche fermée, fond blanc). Ne le faites pas vous-même. Allez chez un photographe professionnel habitué aux nourrissons pour éviter un refus de dossier au consulat.
Puis-je passer la douane avec du lait en poudre et des petits pots ?
Petits pots : OUI et NON. Les pots de fruits/légumes passent. En revanche, tout ce qui contient de la viande fraîche ou des produits laitiers frais est théoriquement interdit. Dans la pratique, les pots industriels scellés passent souvent, mais déclarez-les si on vous le demande.
L’eau du robinet est-elle dangereuse pour le bain ?
Trouve-t-on des chaises hautes au restaurant ?
Mon conseil : Achetez un « harnais de chaise en tissu » (se plie dans une poche) avant de partir. Ça permet d’attacher bébé à n’importe quelle chaise d’adulte en toute sécurité.
Comment gérer le décalage horaire avec un bébé ?
Exposez-le un maximum à la lumière naturelle du matin pour recaler son horloge biologique. Soyez patients : il faut généralement 1 jour d’adaptation par heure de décalage. Comptez 5 à 6 jours pour un rythme normal.







