Comment louer une voiture au Xinjiang ?
Traverser le désert du Taklamakan ou grimper les lacets de la Route Panlong avec ta propre playlist et la liberté de t’arrêter quand tu veux, c’est le Graal du voyageur.
Le réseau routier du Xinjiang est spectaculaire. Le bitume est souvent meilleur qu’en Europe. Cependant, conduire en Chine en tant qu’étranger est un parcours d’obstacles administratifs qu’il faut franchir avec méthode.
Oublie ton Permis International (gris), il ne vaut rien ici. Voici comment devenir le roi de la route sur les pistes de la Route de la Soie.
Le permis de conduire provisoire
C’est la première chose à savoir : la Chine ne reconnaît pas le Permis de Conduire International (IDP). Si tu loues une voiture avec ton permis français ou belge, tu conduis sans permis. En cas d’accident, c’est la catastrophe (prison + zéro assurance).
La solution : Le permis provisoire chinois
Depuis fin 2019, la procédure a été simplifiée pour les touristes. Tu peux obtenir un permis de conduire temporaire (valable pour la durée de ton visa, max 3 mois) directement à l’arrivée.
Où le faire ?
- Aéroport d’Urumqi (Terminal 3) : Il y a un bureau de police dédié (« Vehicle Management Station »).
- Kashgar : Au « Traffic Police Detachment ».
La procédure (Compte 1 à 2 heures) :
- Remplir le formulaire.
- Présenter passeport + visa + ton permis de conduire original (parfois une traduction certifiée est demandée, prépare-la avant le départ via une agence).
- Passer une visite médicale sur place (test de vue sommaire et test de daltonisme).
- Payer les frais (environ 120 RMB).
- Tu reçois un petit livret cartonné : c’est ton sésame pour louer une voiture au Xinjiang.
Comment louer un véhicule au Xinjiang ?
Les grandes enseignes internationales (Hertz, Avis) sont absentes ou opérées par des locaux qui ne parlent pas anglais.
- Les Apps Chinoises : Les applications comme ZuChe (CAR Inc) ou Ctrip sont les leaders. Le problème ? Elles demandent souvent une carte d’identité chinoise pour valider la résa.
- La méthode « Système D » : Demande à ton hôtel ou à une agence de voyage locale de réserver pour toi. C’est souvent plus simple. Ils se portent garants.
- Quel modèle choisir ? Un SUV (type Toyota RAV4 ou Tank 300) est vivement recommandé. Même si les routes sont belles, les accès aux sites naturels (comme Sayram ou les pâturages) peuvent être chaotiques.

Conduite : Les spécificités du Xinjiang
Une fois au volant, oublie ta conduite « à la latine ». Ici, Big Brother te regarde.
1. Les limitations de vitesse au Xinjiang
C’est le point le plus frustrant. Sur une ligne droite désertique de 500 km, large comme une autoroute, la limitation sera souvent de 60 km/h ou 80 km/h. Jamais plus.
- Radars tronçons (Interval Speed Check) : Tu verras des portiques avec caméras tous les 20 km. Le système calcule ta vitesse moyenne entre deux points. Si tu as roulé trop vite, tu recevras l’amende au moment de rendre la voiture.
À cause des radars tronçons qui calculent la vitesse moyenne, les chauffeurs locaux ont une technique imparable. Si la limite est de 60 km/h et qu’ils ont roulé à 100 km/h pendant 10 minutes, ils savent qu’ils vont être flashés au prochain portique. Du coup, tu verras souvent des voitures garées sur la bande d’arrêt d’urgence ou sur des aires de repos, avec des chauffeurs qui fument une cigarette en regardant leur montre. Ils « tuent le temps » pour faire baisser leur moyenne avant de passer la caméra ! C’est absurde, mais ça marche.
2. Les Checkpoints
En voiture, tu seras arrêté souvent.
- Aux péages et entrées de ville.
- La routine : Baisse les 4 vitres, tout le monde montre son visage, le conducteur donne permis + passeport + carte grise. Reste zen.
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3. Faire le plein : Une mission solo
Dans les stations-service au Xinjiang, la sécurité est maximale.
- Des barrières bloquent l’entrée.
- Seul le conducteur a le droit d’entrer avec la voiture.
- Les passagers doivent descendre et attendre à la sortie de la station (parfois sous le soleil ou la neige).
- Le conducteur doit scanner sa carte d’identité (ou passeport) et passer une reconnaissance faciale pour activer la pompe.
Les 3 routes légendaires à faire au Xinjiang
Si tu loues une voiture au Xinjiang, c’est pour faire l’une de ces routes mythiques :
- La Route Duku (G217) : Traversant les monts Tianshan du Nord au Sud, c’est souvent citée comme « la plus belle route de Chine ». On passe des glaciers aux prairies verdoyantes en une journée. (Attention : Ouverte seulement de Juin à Septembre).
- La Panlong Ancient Road : Célèbre pour ses 600 virages en épingle sur une montée vertigineuse. C’est le défi ultime pour tester ton estomac (et tes freins).
- La traversée du Désert (Luntai à Minfeng) : 500 km de bitume posé sur le sable mouvant. Hypnotique.
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En Résumé : location ou chauffeur ?
- Loue une voiture si : Tu es un aventurier, tu as du temps pour faire le permis provisoire, tu aimes conduire lentement et tu as un budget confortable (la location est chère).
- Prends un chauffeur si : Tu veux profiter du paysage sans stresser sur les radars, tu ne veux pas gérer la paperasse ou tu as un itinéraire serré.
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