Le Taklamakan : Road trip mythique au cœur de la « Mer de la Mort »
Dernière modification le 17/12/2025
Si tu cherches le dépaysement ultime et une petite dose d’adrénaline, bienvenue au Taklamakan. Situé dans la province du Xinjiang, son nom ouïghour signifie littéralement « on y entre, on n’en sort pas ». Ça pose le décor, non ?
Mais rassure-toi, je ne t’envoie pas au casse-pipe. Aujourd’hui, ce désert est l’un des plus accessibles grâce à une prouesse humaine incroyable. C’est l’endroit rêvé pour ceux qui veulent sentir la puissance écrasante de la nature tout en restant (relativement) confortablement assis.
Le Taklamakan : Un océan de sable mouvant
Le Taklamakan, c’est le deuxième plus grand désert de sables mouvants au monde. Imagine une superficie grande comme l’Allemagne, mais remplie uniquement de dunes qui se déplacent au gré des vents violents. C’est un lieu d’extrêmes : il peut y faire 50°C en été et geler à pierre fendre en hiver.
Ce qui frappe ici, c’est l’horizon. Il est plat, infini et poussiéreux. Contrairement aux oasis riantes, le Taklamakan a un côté brut et sauvage. C’est le silence absolu. Parfois, lors des tempêtes, le ciel et la terre se confondent dans une teinte ocre, donnant l’impression d’être sur la planète Mars. C’est une beauté dantesque qui te fait te sentir tout petit.
La particularité unique : L’autoroute du désert
C’est là que ça devient génial pour nous, les voyageurs. La grande particularité de ce désert, c’est qu’il est traversé du nord au sud par la Route du Désert de Tarim. C’est l’une des routes les plus chères et les plus complexes jamais construites.
Imagine une bande d’asphalte parfaite de plus de 500 kilomètres posée sur le sable. Pour empêcher les dunes d’engloutir la route, les ingénieurs ont planté une « Muraille Verte » de part et d’autre : des millions d’arbustes irrigués au goutte-à-goutte grâce à une eau puisée dans les nappes souterraines salées. Rouler ici est une expérience psychédélique. Pendant des heures, tu as le bitume noir, la ligne jaune, les buissons verts et l’infini jaune du sable.
Tous les 4 kilomètres environ, tu verras une petite maison bleue isolée au bord de la route. C’est là que vivent, souvent en couple, les gardiens de la route. Leur boulot ? Vérifier que les tuyaux d’irrigation ne sont pas bouchés et que les plantes survivent. Ils vivent là, au milieu de nulle part, pour que toi, tu puisses rouler en sécurité. Ça force le respect quand tu passes devant eux !
Les Guerriers du Désert : Les Peupliers de l’Euphrate
L’autre trésor du Taklamakan, c’est la vie qui s’y accroche. Dans la région de Luntai, au nord du désert, tu trouveras une immense forêt de Peupliers de l’Euphrate (Populus euphratica). Les locaux ont un dicton à leur sujet : « Ils vivent mille ans, restent debout mille ans après leur mort, et ne pourrissent pas pendant mille ans ».
Si tu as la chance de venir fin octobre, c’est le spectacle de l’année. Ces arbres aux troncs torturés virent au jaune or éclatant. Le contraste avec le ciel bleu du Xinjiang et le sable est l’une des plus belles choses que j’ai vues en Chine. C’est un véritable feu d’artifice végétal avant l’hiver.

Conseils pratiques pour la traversée
Attention, traverser le Taklamakan ne s’improvise pas comme une balade sur la Côte d’Azur. Premièrement, la règle d’or : fais le plein d’essence dès que tu peux. Les stations-service sont rares au milieu du désert et tu ne veux absolument pas tomber en panne sèche ici.
Deuxièmement, les contrôles de sécurité. Nous sommes au Xinjiang, une région très surveillée. Attends-toi à des checkpoints fréquents où tu devras sortir du véhicule, montrer ton passeport et parfois faire scanner tes bagages. Garde toujours tes documents à portée de main et reste patient et souriant, ça passe toujours mieux !
Enfin, pour le transport, le mieux est de louer un véhicule avec chauffeur au départ de Korla ou de Kuqa. Conduire soi-même est possible mais les démarches pour obtenir le permis temporaire peuvent être fastidieuses dans cette province.
Itinéraire autour du désert de Taklamakan
De Kuqa à Hotan • 550 km de désert
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