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Sheng Nu : Le phénomène des “Leftover Women” en Chine

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Dernière modification le 01/12/2025

Lorsque tu entends le mot “Sheng Nu” ou « leftover women » en Chine, tu sens immédiatement un mélange bizarre entre tradition, pression familiale et modernité qui tape à la porte. Littéralement, le terme signifie “femme restante”. Oui oui… on aurait pu choisir plus délicat. Mais derrière ce mot se cache un phénomène social passionnant qui révèle l’évolution fulgurante de la société chinoise.

Je te propose de découvrir cette réalité avec des explications, des tendances et des données récentes afin de mieux comprendre ce phénomène.

Qu’est-ce qu’une “Sheng Nu” ?

Une “Sheng Nu” désigne une femme chinoise non mariée après environ 27 ans.
Ce seuil n’a rien d’officiel, mais il reste ancré dans la culture collective.

La pression sociale devient particulièrement visible après 30 ans. À ce moment-là, certaines familles demandent régulièrement “alors, c’est pour bientôt ?”.

Selon des études nationales :

  • l’âge moyen du premier mariage dépasse désormais 29 ans dans les grandes villes (Shanghai, Pékin, Shenzhen),
  • la proportion de femmes non mariées entre 25 et 34 ans augmente chaque année.

Je connais une amie célibataire en Chine, sa tante lui a offert un abonnement à une application de rencontres pour ses 31 ans 😅.

Origines du phénomène de leftover women

Le poids des traditions familiales

La Chine a valorisé le mariage précoce pendant des siècles. Selon les anciens codes confucéens, une “vie réussie” passe par :

  • une carrière stable,
  • un mariage vers 25 ans,
  • un enfant avant 30 ans.

Ce modèle reste très fort. D’après de grands sondages nationaux, près de 70 % des parents chinois considèrent encore le mariage de leurs enfants comme une responsabilité personnelle.

Un niveau d’études plus élevé

Les femmes chinoises n’ont jamais été aussi éduquées. Aujourd’hui elles représentent :

  • plus de 50 % des étudiants dans les universités,
  • dans les grandes villes, elles occupent un nombre croissant de postes qualifiés.

Cette réussite académique entraîne un mariage plus tardif… mais aussi des attentes plus élevées concernant le partenaire.

L’urbanisation massive

En Chine, plus de 65 % de la population vit en ville. Les femmes quittent leur village, poursuivent leurs études, découvrent une vie indépendante. Une fois à Shanghai ou Chengdu, elles se marient naturellement plus tard et préfèrent choisir avec soin un partenaire compatible.

Un déséquilibre hommes/femmes

Il y a plus d’hommes que de femmes en Chine et pourtant, la pression se dirige vers la gente féminine.
Pourquoi ? Parce que de nombreux hommes de milieux traditionnels recherchent encore une épouse plus jeune ou peu carriériste. Les femmes diplômées se retrouvent donc, paradoxalement, “trop qualifiées” aux yeux de certains.

sheng nu

La pression sociale et familiale

La pression vient souvent de l’entourage proche : parents, grands-parents, oncles…

Quelques chiffres :

  • près de 90 % des parents interrogés déclarent s’inquiéter du célibat de leur fille,
  • plus de 60 % discutent du mariage au moins une fois par mois avec elle (parfois beaucoup plus !).

Les “marchés du mariage” restent un phénomène impressionnant en Chine. À Shanghai, le parc du Peuple accueille chaque week-end des centaines de parents qui affichent :

  • l’âge,
  • la taille,
  • le revenu,
  • le niveau d’études,
  • l’appartement possédé…de leur enfant célibataire.

La première fois que j’y suis entrée, j’ai cru débarquer dans un salon immobilier version “rencontres”. J’ai serré mon sac très fort pour éviter que quelqu’un m’inscrive sur un panneau sans mon accord.

Les Sheng Nu d’aujourd’hui : une génération libre et assumée

Ce qui me plaît énormément, c’est l’évolution du regard des femmes elles-mêmes. Les “Sheng Nu” deviennent un symbole d’indépendance.

Elles :

  • voyagent,
  • étudient,
  • achètent un appartement seules,
  • construisent une carrière solide,
  • choisissent leur rythme de vie.

Dans les grandes villes :

  • près de 40 % des femmes entre 25 et 34 ans vivent seules,
  • le taux de propriété féminine dépasse même celui des hommes à Shanghai et Shenzhen.

C’est un changement énorme dans un pays habitué à un modèle très traditionnel.

Un nouveau modèle de femme chinoise

Les “leftover women” représentent un mouvement profond :

  • plus d’autonomie financière,
  • moins de dépendance au mariage,
  • plus de liberté pour refuser un partenaire incompatible,
  • affirmation de nouvelles valeurs : épanouissement, équilibre, ambition personnelle.

Beaucoup de femmes préfèrent rester célibataires plutôt que d’accepter un mariage “par défaut”.
Selon plusieurs études urbaines, environ 1 femme sur 5 dans les très grandes villes envisage une vie célibataire durable.

Vers une redéfinition du mariage en Chine

Les chiffres montrent clairement un changement :

  • le nombre de mariages baisse depuis plusieurs années,
  • l’âge moyen du premier mariage augmente,
  • les divorces progressent doucement mais régulièrement,
  • les femmes affirment davantage leur droit à choisir leur vie.

La nouvelle génération préfère un mariage mature, construit avec le cœur, plutôt qu’une union précipitée sous la pression.

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